Bref Titre de Gloire…
- Gérard Guerrier
- 6 janv.
- 2 min de lecture
Un petit matin d’automne 1984… Je m’apprête à rentrer en caisson hyperbare, pour une vingtaine de jours, en compagnie de cinq autres plongeurs de la Comex. L’ambiance est tendue : la veille, cinq collègues sont morts en mer du Nord à la suite d’une dépression explosive. Le but de notre expérience : Hydra IV, est de tester sur l’homme les mélanges respiratoires à base d’hydrogène, le plus léger de tous les gaz, afin d’améliorer le confort respiratoire des plongeurs à très grande profondeur : 500 m et au-delà.
L’affaire est loin d’être évidente ou sans danger : jusqu’ici, au-delà de 160 m, on s’est contenté de tester ces mélanges sur des souris. De plus, l’hydrogène n’est pas un gaz neutre, il est même explosif, dans certaines conditions, lorsqu’il est mélangé avec l’indispensable oxygène.
16 Novembre : Installé dans le caisson piscine à 240 m, on me fait, à nouveau respirer de l’Hydrox (Hydrogène à 98%, Oxygène à 2%)… Je respire bien mieux. Les lumières me semblent plus vives. J’ai un peu de mal à trouver mon équilibre comme si on m’anesthésiait lentement. Mon cœur ralentit… Je m’endors. Bientôt mon rythme de respiration ralentit à l’extrême jusqu’à faire un arrêt respiratoire. Les médecins et scientifiques ne perdent pas de temps : on me repasse sous Heliox, pendant que le plongeur de sécurité me récupère en urgence. En quelques minutes, tout redevient normal. Je suis ainsi — bref titre de gloire — devenu le premier homme à avoir expérimenté la narcose à l’Hydrogène…









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