On dit que j'ai déjà vécu  plusieurs vies avec passion. Ingénieur-plongeur, dirigeant d’entreprise, accompagnateur en montagne, journaliste et écrivain… Depuis quelques années, je me  consacre principalement à l’écriture, aux voyages et à la montagne. 

J'ai  publié six livres dont le dernier :

Éloge de la Peur, à l'usage des Aventuriers et des Baroudeurs du Quotidien

(ed. Paulsen).

© 2019 Textes, Vidéos et Photos Gérard Guerrier (sauf indication contraire)

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© Editions Glénat, 2017
263 mages, 19,99 €
 
© Editions Glénat,  janvier 2017
263 pages, 19,99 €
ISBN: 978-2-344-02035-7
Le Mot de l'Editeur
Un roman historique sur fond de guerre des glaciers
entre Italiens et Austro-Hongrois
été 1913. Jean encordé à son cousin Dante et à Walter, leur guide, assiste impuissant à la chute mortelle de son père, un industriel milanais. Un an plus tard, l'attentat de Sarajevo précipite le monde dans le chaos. La vie du jeune franco-italien, jusqu'alors rythmé par les études et la musique chérie par sa mère pianiste, bascule…
Mon Grain de Sel
Ce livre est au croisement de deux envies.
    Pour avoir vécu pendant quatre ans dans les Alpes Lombardes, j'avais à coeur  de raconter cet incroyable épisode de la Grande Guerre, où les combattants isolés à 3 000 mètres, en plein hiver, au sommet des plateaux glaciaires, devaient lutter bien plus contre le froid, la faim et les avalanches que contre un ennemi peu visible.
    Je voulais aussi écrire un "grand roman romantique" où je retrouverais mes émotions d'adolescent, un roman du XIXème, une histoire stendhalienne où le jeune héros un peu naïf deviendrait progressivement adulte par la grâce de l'amour et les affres de la guerre. J'ai donc écrit un "pavé" de plus 700 pages dont le titre original était Le Lieutenant Français.
    Présenté à des éditeurs, j'ai eu de précieux retours que je pourrais résumer en une phrase: "De très belles choses, notamment pour toutes les scènes de montagne… Mais écriture un peu trop classique, un peu trop XIXème…" Zut! Avais-je voulu trop bien faire ?
 
    J'ai donc réécrit mon Lieutenant Français, pour le rendre plus proche des lectrices et lecteurs du XXIème siècle en lui imposant une cure d'amaigrissement drastique. Le Lieutenant Français est devenu Alpini

Mention spéciale                             

du Prix de Littérature de Montagne

de Passy - 2017

Mention Spéciale

Salon du Livre de Montagne de Passy

Alpini - de roc, de neige et de sang

Canon de 152 mm, l'Hippopotame

à 3050 m, Cresta Croce (Adamello)

Les Critiques
Le Dauphiné Libéré - 24 mars 2017
On le savait voyageur, l’ex patron d’Allibert. On ignorait son aisance à se mouvoir dans le temps.

Ne vous fiez pas à son nom, Gérard Guerrier a l’âme pacifique mais regrette de ne pas avoir fait son services dans les chasseurs alpins. C’est en deltaplane, survolant les neiges éternelles de l’Adamello, que ce germanophone italophile, qui a vécu 4 ans à Bergame, eut le coup de foudre pour ces cimes du nord de l’Italie, théâtres de champs de batailles héroïques dont les traces sont omniprésentes. En ces lieux chargés d’Histoire, il a noué la sienne. «La guerre, crois-moi, c’est une saloperie. Alors quitte à la faire, autant que ce soit en montagne », dit un soldat  des troupes transalpines au héros de son roman. Dans cette région autrefois autrichienne que la grande guerre amènera dans le giron de Rome, l’amitié entre deux cousins italiens et leur guide tyrolien que le conflit va bientôt opposer.

En explorant le Stelvio, la Brenta et autres reliefs du haut-Adige, Guerrier fut fasciné par les « raduni » (rassemblements) d’Alpins. Alpini resitue parfaitement la « Guerre des Glaciers » qui a opposé, de mai 1915 à novembre 1918, les chasseurs italiens aux Kaiserjäger austro-hongrois dans le décor majestueux des glaciers de l’Ortles frôlant les 4000m. Ces hommes qui ouvrirent des brèches alors que l’on pensait les hautes montagnes impraticables aux militaires. L’auteur place son intrigue au cœur des combats, avec ces soldats utilisant des techniques d’alpinistes et skieurs pour se fondre dans cet univers hostile, creusant des galeries dans les falaises et devant faire face à un autre ennemi : les avalanches.

Ingénieur, accompagnateur en montagne, puis référent sécurité des agences aventure, Gérard Guerrier s’épanouit dans une nouvelle vie, faite d’écriture. Alpini est son second roman après l’Opéra Alpin (Transboréal), il a traduit le dernier ouvrage de Messner (M4, La quatrième dimension, Glénat) et en prépare un autre aux éditions Paulsen Guérin. Là encore, il sera question de guerre et d’altitude, dévoilant un versant méconnu de la résistance en montagne.
Antoine Chandelier

      

France Bleue - Passion Montagne - 15 janvier 2017

Alpini ( de roc, de neige et de sang) vient de paraître, c’est le deuxième roman de Gérard Guerrier qui fut pendant plusieurs années au sein du groupe Allibert, spécialiste de trekking.

Cet ingénieur, accompagnateur en montagne, et consultant a enseigné également à HEC. A 60 ans, Gérard Guerrier s’est lancé avec bonheur dans l’écriture. Son premier ouvrage « l’Opéra alpin » est paru il y a deux ans chez Transboréal. Cette fois c’est la maison Glénat qui l’accueille. Alpini est un roman initiatique nous signale la quatrième de couverture, sur fond de la redoutable « guerre blanche » qui opposa les troupes de montagne italiennes et austro-hongroises entre 1915 et 1918. Alpini (c'est le nom des chasseurs alpins italiens) met en scène un jeune franco-italien « Jean » et son cousin Dante. Dans le décor majestueux du massif de l’Adamello, ce jeune homme va vivre des événements tragiques mais aussi une forte histoire d’amour. Ne devra - t-il pas se confronter à son ami le guide Walter qui, lui, est du côté autrichien ? Le chaos de la guerre, la pierre et la neige des montagnes italiennes sur lesquelles les hommes usent leur vie, la beauté d’Antida, fiancée de Jean, la violence des batailles, la rigueur du climat : tous les ingrédients d’une épopée digne d’un long métrage !

Jean-Michel Asselin

Alpini au-dessus du glacier de Mandrone

Kaiserjäger autrichiens

Libération - 25 janvier 2017

Un roman historique au souffle glacé. Une histoire d'amitié, d'amour et de montagne

Dans un des premiers chapitres de Alpini, le dernier roman de Gérard Guerrier paru aux éditions Glénat, un montagnard croisant le héros narrateur lui donne ce conseil avisé: «Si tu es appelé en Italie (la scène se déroule à l’automne 1914, la Première guerre mondiale vient de débuter mais la Péninsule est encore neutre), demande à être intégré dans les Alpini. La guerre, crois-moi, c’est une saloperie. Alors quitte à la faire, autant que ce soit en montagne…». Cette recommandation, que le jeune Milanais suivra quelques mois plus tard, résume en une phrase ce beau livre de fiction historique écrit sous le triple signe «des rocs, de la neige et du sang…»

En quelques mois en effet, par l’absurde jeu des alliances entre Etats, des nationalismes et de la bêtise militaire, une génération entière va être emportée dans un tourbillon d’acier, de boue et de mort. Si les personnages d’Alpini échappent à l’horreur des tranchées, ils ne pourront éviter la guerre et un combat de chaque instant avec d’autres ennemis sournois: le froid ou les avalanches.

Car dans les Alpes bergamasques, entre Italie, Suisse et Autriche, le véritable adversaire n’est pas le soldat autrichien, pauvre bougre de la vallée d’en face que le narrateur fréquentait avant guerre; mais bien l’hiver, les tenues de combat trop légères, les marches forcées et les nuits d’attente sous les étoiles glacées…

Evoquant son ouvrage, l’auteur expliquait récemment qu’il avait souhaité écrire un roman «à la manière des grands auteurs du XIXe  et du XXe siècle…» avec en tête Hemingway, Stendhal et Frison Roche. «La guerre, la découverte de l’amour et… la montagne, bien entendu!» Pari réussi pour la galerie de personnage qu’il nous propose; les histoires d’amitié et d’amour, les portraits esquissés de militaires, musiciens ou prostituées.

Enfin, dominant le tout du haut de ses crêtes balayées par les vents, le véritable héros du livre: ce massif alpin que Gérard Guerrier a parcouru toute sa vie; où il a grandi, travaillé et trouvé l’inspiration de son précédent ouvrage (1). Un cadre sauvage et fascinant, portant haut cette épopée historique qui n’attend qu’une suite: l’auteur abandonnant avec une certaine cruauté son personnage en plein conflit, au printemps 1916!

Fabrice Drouzy

En route vers le col Brizio sur la Vedretta - glacier - Mandrone. Enfin ce qu'il en reste!

(En 1916, la glace atteignait le col)

Montagne Magazine - 26 mars 2018

Quelques pages suffisent pour nous plonger dans le récit et l’émotion vive. Une prose surannée, de fulgurants instantanés romanesques, d’images poignantes en montagne, qui brassent le chaos de la vie, de l’Histoire et du temps.


En 1913, dans les Alpes, Jean, encordé à son cousin Dante et à Walter, leur guide, assiste impuissant à la chute mortelle de son père. Un an plus tard, Jean s’engage dans l’armée italienne. Les combats ont lieu sur les cimes et les glaciers des Alpes. Avec un art du concret saisissant, Gérard Guerrier nous fait aborder les mystères les plus incongrus de l’existence. On réalise l’absurdité de la guerre, le combat inhumain pour la prise territoriale des sommets qui habituellement rapprochent.

 

L’auteur met en berne la violence pour mieux parler de la vie enfouie, la ressusciter. On s’attache à ces personnages, ces gens simples et bons, qui connaissent une forte camaraderie dans l’épreuve. Ils rêvent de leurs bien-aimées, d’un avenir paisible. La rancœur n’existe pas chez eux. Ils restent étonnés devant le spectacle des événements. Ils semblent plus prompts à savourer un peu de beauté dans ce monde de barbarie. Le livre raconte la peur, le visage d’un soldat perdu, la grâce d’une jeune fille entraperçue. Le ton est généreux. C’est un roman, un très beau texte, mais l’histoire ne semble pas inventée. On sait que la vie s’est chargée de cela.

Virginie Troussier

 

Alpini se préparant à l'attaque avec leurs skis

et leurs mortiers

Artilleurs alpini avec leur célèbre feutre à plume: corbeau pour les hommes de troupe, aigle pour les officiers subalternes et oie blanche pour les officiers supérieurs

Blog - Claude Muller - 22 mai 2017

Alpini de Gérard Guerrier (paru aux Éditions Glénat) est un roman historique qui porte bien son sous titre : De roc, de neige et de sang. Il raconte la guerre impitoyable que se livrent les Italiens (les Alpini) et les Autrichiens alliés aux Hongrois entre 1915 et 1918. Nous découvrons avec ce récit des combats qui avaient pour cadre les magnifiques montagnes des Alpes Italiennes des massifs du Stelvio, de l’Ortler et de l’Adamello. Nous percevons avec cet auteur les atrocités des luttes, souvent au canon, parfois au corps à corps, à plus de 3000 mètres d’altitude dans des conditions souvent dantesques. Il nous rappelle aussi que l’art de monter de lourdes charges en traîneau tiré par des mulets, percer des tunnels dans les falaises, accrocher des tyroliennes aux parois, construire des refuges au pied des glaciers sont des inventions qui ont été imaginées par les militaires.


Mais Alpini ce n’est pas que cela. C’est aussi un roman Stendhalien. Son héros, Jean est un étudiant romantique amoureux d’Antida, une jeune bourgeoise de la société milanaise. Leur amour noué autour de la musique et des soirées mondaines résistera-t-il à la guerre lorsque le jeune ingénieur se transformera en sous-lieutenant des Alpini, l’équivalent de nos chasseurs alpins. Ce roman, c’est aussi un livre de montagne car son auteur, Gérard Guerrier, possède un don indéniable pour nous décrire les paysages d’altitude. Avec lui, nous découvrons les brèches, les terrasses, la flore, la faune, les sentes et les traces qu’offrent cette région des Alpes ignorée par la plupart des « Chamoniards ». (Je vous conseille aussi de vous plonger dans son précèdent roman « L’Opéra Alpin » (Éditions Transboréal 2015). L’artiste nous raconte entre bonheur et suspense sa randonnée « A pied de la Bavière à Bergame »). Mais je m’évade… revenons à Alpini et son jeune héros, car ce livre est aussi un roman d’aventure. Pour pimenter son histoire Jean retrouvera au milieu des crevasses ses amis d’enfance dans des camps et positions improbables. Imaginez les rapports entre tous ces hommes perdus dans une guerre qu’ils ne comprennent pas toujours et vous tiendrez le fil qui relie la chair et les mots de ce roman.

 

Ce livre, c’est tout cela… et plus encore, c’est une histoire d’amour à lui seul, elle vous transportera sur le haut des cimes de vos propres aventures littéraires.

 

préparatifs avant l'attaque

septembre 2017… On retrouve encore  des cadavres dans les crevasses !

Blog - LesMotsChocolat - 6 mars 2017

Eté 1913, Jean a dix-sept ans, vit à Milan et est franco-italien. Alors qu’il fait de l’alpinisme dans les Alpes entre l’Italie et l’Autriche avec sa famille et leur ami et guide autrichien Walter, tous assistent impuissant à la chute mortelle de son père. Un an plus tard, l’attentat de Sarajevo plonge l’Europe dans une guerre effroyable. Jean a tout juste la majorité quand il est appelé à prendre les armes pour l’Italie au grand désespoir de sa mère qui n’a plus que lui et de sa fiancée qu’il laisse à Milan. Il est promu sous-lieutenant dans les Alpini et part rejoindre son cousin, sergent dans les Alpes pour combattre les Autrichiens. Les deux jeunes hommes se retrouvent dans un milieu hostile, où la glace, la neige et la roche vont devenir leur quotidien.  Jean, jeune homme qui souhaitait juste prendre la relève de son père dans l’industrie familiale, peu intéressé par la politique et dont les origines sont européennes et multiculturelles, ne comprend pas pourquoi les hommes s’entre-tuent.

Le point de vue de ce roman est très intéressant. Je n’avais encore jamais lu un livre placé du côté italien et encore moins des Alpini. C’est original et bien décrit, je me suis crue dans les Alpes et franchement ça ne m’a pas donnée envie d’y rester tellement la vie y est difficile. Les pauvres hommes parfois très jeunes se battent sans vraiment savoir pour quelles causes, dans quel but, et ce sentiment d’incompréhension est bien exprimé ici. En parallèle de l’aspect historique, l’intrigue romancée est un peu bateau. Une histoire d’amour dont les deux jeunes gens sont séparés par la guerre, c’est facile. Le personnage de Jean est attachant, il est jeune et se retrouve dans une spirale qui le dépasse. Je n’ai pas particulièrement apprécié les autres personnages. Celui de sa fiancée aurait pu être un peu plus approfondi car le point de vue de la femme qui reste et qui doit continuer à vivre est intéressant mais en l’occurrence elle n’est pas super aimable… Bref sentiments mitigés à l’issu de cette lecture mais dans l’ensemble plutôt positif, j’ai apprécié la découverte et je remercie Babelio et les éditions Glénat pour cette petite trouvaille que j’ai lu avec plaisir !

 

Compagnie d'alpini skieurs à l'attaque de la Lobbia Alta… 

Une cible facile pour les mitrailleuses autrichiennes

La passerelle longue de 74 mètres

Un moment de répit après l'attaque…

La passerelle aujourd'hui…

Blog - Argoul - 6 mars 2017

Nous sommes en 1913 et Jean, 17 ans, (Gianni pour son père), est en famille avec son cousin Dante et le guide autrichien Walter en montagne. Le temps est beau mais se gâte vite. Faut-il accélérer pour atteindre le sommet et redescendre ensuite ? Le vent devenu fort infléchit l’itinéraire, faut-il éviter la crête et passer sous une corniche ? Tous ces choix de l’instant, à effectuer dans l’urgence, peuvent être ensuite regrettés. Et c’est ce qui arrive. Une avalanche sépare le groupe, mais c’est le moindre mal ; une seconde détache tout un pan de rocher qui s’écrase… sur le père, industriel à Milan.

Nous sommes en montagne et c’est le drame, le destin. L’adolescent en sort bouleversé, mûri. D’autant qu’un an plus tard, la guerre la plus absurde du siècle advient. La bêtise nationaliste s’attise et « l’honneur », cette vertu aristocrate dévoyée par les petit-bourgeois, excite les pauvres en esprit. Les peuples s’entraînent mutuellement à la guerre, cette grande lessiveuse des nations, faucheuse de jeunesse. Que faire lorsque l’on est à l’aube de sa vie, à 18 ans, et que l’on est à la fois français par sa mère, italien par son père, apparenté allemand par ses grands-parents alsaciens, et que votre parrain de montagne est un guide autrichien ? Faut-il se battre contre ses gènes ?

 

Nous sommes dans la tragédie et Jean, avisé malgré son âge, choisit par tâtonnement le moindre mal. Il s’engage en Italie parce qu’appelé par la France ; il choisit les troupes de montagne plutôt que l’infanterie. Il restera dès lors au cœur de son pays de cœur, les Alpes bergamasques. Le 23 mai 1915, l’Italie s’engage à son tour dans la guerre, poussé par le socialiste « patriote », le très mélanchonien Mussolini. Jean est à l’école d’officiers et c’est comme sous-lieutenant des Alpini, l’équivalent italien de nos chasseurs alpins, qu’il va combattre les Autrichiens – mais surtout tenir les crêtes. Il n’a qu’une hantise : se retrouver face à Walter, son guide, mobilisé par l’Autriche-Hongrie. Et c’est d’ailleurs ce qui va se produire…

Dans le même temps, jeunesse oblige, Jean tombe amoureux d’une pianiste milanaise, Antida, dont le père fait une cour assidue à sa veuve de mère. Les mœurs de l’époque entouraient le sexe de tout un apparat d’évitement qui avivait le désir mais laissait incertain sur les désirs de l’autre. Jean se laisse dépuceler dans l’urgence par une jeune gitane sicilienne que son cousin lui a présenté au bordel. Avec Antida il se contente de baisers, de caresses, mais point au-delà : il faut être sûr de soi, attendre la fin de la guerre, le diplôme, au risque de ne pas s’en sortir. Or l’attente est longue à l’arrière pour une jeune fille empêtrée de convenances. Dante, aussi brun, velu et musclé que Jean est blond, imberbe et longiligne, n’a pas de ces pudeurs. Il va toujours droit au but, au combat comme en amour. Il prend d’assaut les redoutes comme les filles. Que se passe-t-il entre lui et Antida lors d’une permission seul à Milan ? Se passe-t-il d’ailleurs quelque chose ?

Nous sommes dans l’aventure et la mort, en montagne et en amour. Amour filial, du père passé au parrain guide, amour maternel, amour fraternel, amour sexuel – tout est mêlé, avec les sentiments associés comme la jalousie, la rivalité, la crainte de décevoir. Les hauteurs ne pardonnent pas l’erreur ; leurs leçons répétées permettent-elles de se mieux guider dans la vie ? L’auteur a contrasté ses personnages : les deux cousins ne sont pas du même monde, l’un bourgeois et l’autre du peuple ; la fiancée et la putain n’ont pas les mêmes désirs, Antida la position sociale et Maria le plaisir ; la mère vivante et le père décédé n’ont pas les mêmes valeurs, elle veut protéger son enfant jusqu’à trahir, lui offre post-mortem l’exemple du travail qu’il faut accomplir malgré tout.

Ce roman très vivant et bien documenté se lit avec plaisir ; très souvent, captivé par la lecture, le lecteur se croit dans l’action même. L’auteur remue les grandes passions que sont l’affection pour les êtres et le saisissement face à la puissance de la nature, liant l’une à l’autre dans une époque mouvementée. La nôtre, un siècle plus tard, le devient : faut-il y voir un signe ? L’écriture cherche moins les effets que l’efficacité, à la manière de Stendhal – lui aussi amoureux d’Italie. Le roc exige le sec, la neige fige le sang, seul l’esprit surnage, dans la pureté lumineuse des cimes.

Gérard Guerrier, né en 1956, a quitté Allibert Trekking à 60 ans fin 2014, après en avoir été huit ans le directeur général. Il « redevient un accompagnateur en montagne et un voyageur comme les autres » – mais adepte comme moi du « voyage actif ». Comme son héros Jean, il a appris la montagne dans les Alpes, est devenu ingénieur, a épousé une concertiste allemande et a habité en Italie du nord. Sa traversée des Alpes à pied de Neuschwanstein à Bergame avec son épouse a donné lieu a son premier roman, L’opéra alpin, paru en 2015.

 

Après l'attaque…

Citations

— L'Adamello, tu connais? (…)  Avec un peu de chance, demain on pourra voir le voir du sommet.

C'est un peu comme le Pôle Sud… en mieux.

— Pourquoi en mieux ?

— Parce que c'est chez nous !

— Sachez jeune fille, qu'en musique, je ne connais rien de beau qui soit facile.

— Moi-même, je suis Italien, ma femme est suédoise, nous vivons à Berlin, ma mère était allemande…

Alors contre quels cousins devrais-je me battre ? (Ferruccio Busoni)

 

— A quoi bon faire tomber Rome, si c'est pour établir le règne des barbares? Marat est-il préférable à Louis XVI ? (Ferruccio Busoni)

— Eh bien, si jamais tu es appelé en Italie, demande à être intégré dans les Alpini.

La guerre, crois-moi, c'est une saloperie. Alors, quitte à la faire, autant que ce soit en montagne !

Rien n'effraie l'amour d'une mère. Pas même le déshonneur…

J'ai mal au ventre à en crever. Je ne sais pas si j'ai trop chaud ou trop froid, mais je sue à grosses goutte.

Ce n'est pas de la peur, car celle-ci peut se contrôler,

mais une terreur sans bornes ni fond qui m'emporte dans son tourbillon.

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