On dit que j'ai déjà vécu  plusieurs vies avec passion. Ingénieur-plongeur, dirigeant d’entreprise, accompagnateur en montagne, journaliste et écrivain… Depuis quelques années, je me  consacre principalement à l’écriture, aux voyages et à la montagne. 

J'ai  publié six livres dont le dernier :

Éloge de la Peur, à l'usage des Aventuriers et des Baroudeurs du Quotidien

(ed. Paulsen).

© 2019 Textes, Vidéos et Photos Gérard Guerrier (sauf indication contraire)

  • White Facebook Icon

De la disparition des dinosaures

 

 

Boum ! Les scientifiques sont formels. Les dinosaures ont disparu voilà 65 millions d’années. Un énorme astéroïde a loupé son virage pour venir s’écraser lamentablement sur la terre. Encore un drame de la vitesse !

 

Membre fondateur du FILE (Front International de la Lutte contre les Evidences), j’ai pour ma part développé une autre théorie issue de mes travaux sur la pataphysique.

 

Voilà donc 65 millions d’années, la terre était peuplée de dinosaures plutôt sympas : des gros bidules avec des dents comme des couteaux, des petits turlupins coiffés avec des crêtes de punk,  des zozos à plumes d’oiseaux, de tranquilles brouteurs de prêles, fougères et autres aracaurias, des croqueurs de charogne à l’haleine fétide etc. Bref, tout un petit monde vivant en harmonie ; chacun à sa place : les herbivores se contentant de remplir leur caecum intestinal, les autres fossoyeurs attendant patiemment la mort naturelle des premiers. Plutôt cool non ?

 

Et puis, va savoir ce qui s’est passé ? Les gigantesques diplodocus et branchiosaures commencèrent à se prendre pour les rois du monde. Les voilà bientôt à rouler les mécaniques comme des cow-boys. Du coup, les autres dinosaures, plus petits mais plus nombreux, voulurent eux aussi se la jouer et se mirent à bâfrer autant que les gros machins qui devinrent obèses. C’est à croire que le plus beau était celui qui se goinfrait le plus ! A ce rythme là, les belles forêts du secondaire se réduisirent bientôt à de tristes landes à mousse et à lichen, affamant même les bébêtes les plus raisonnables.  Mais bientôt il y eut pire : la croissance exponentielle des bouses géantes généra tout plein de méthane et de CO2. Dans cette atmosphère pestilentielle, la consommation de charogne devint bientôt impossible et les redoutables T-Rex et autres dilophosaures, lassés d’ailleurs de leur haleine fétide, se mirent à bouloter de la chair fraîche : des escargots, puis des micro-bidules, des maxi-trucmuches et finirent par se dévorer entre eux. Boum !

 

65 millions après, l’histoire recommence…

Pas besoin d’attendre le prochain astéroïde, on se charge de tout.