On dit que j'ai déjà vécu  plusieurs vies avec passion. Ingénieur-plongeur, dirigeant d’entreprise, accompagnateur en montagne, journaliste et écrivain… Depuis quelques années, je me  consacre principalement à l’écriture, aux voyages et à la montagne. 

J'ai  publié six livres dont le dernier :

Éloge de la Peur, à l'usage des Aventuriers et des Baroudeurs du Quotidien

(ed. Paulsen).

© 2019 Textes, Vidéos et Photos Gérard Guerrier (sauf indication contraire)

  • White Facebook Icon

Citadelle de Corte - Tout ça pour ça !

Cent mètres au-dessus de la Restonica et du Tavignano, La citadelle de Corte élève fièrement ses remparts. On imagine, sans peine,  que les imposantes murailles de la capitale corse ont abrité les rêves de liberté et d’indépendance d’un Pasquale Paoli. L’histoire, souvent cruelle, nous propose une version un peu moins romantique…

 

Elle commence au début du XVe — la France est alors en pleine guerre de cent ans — quand Vincentello, le fils du seigneur d’Istria, se met au service des Aragon contre les Génois pour une sombre histoire de famille. Valeureux, le condottiere est nommé, quelques années plus tard, vice-roy de Corse par ses protecteurs. Prévoyant, il construit une première forteresse sur la butte de Corte. Capturé en mer par les Génois, celle-ci ne lui fut d’aucune utilité puisqu’il fut promptement décapité sur les marches du grand escalier du Palais Ducal de Gênes. Un peu plus de trois siècles plus tard, face aux troupes françaises, les troupes de Paoli connaissent à leur tour une défaite cruelle à Ponte Novo, à une vingtaine de kilomètres de là. Les murailles crénelées de Corte se sont révélées, une nouvelle fois, inutiles. Cela ne décourage pas les Français de construire un ouvrage encore plus imposant, défendu par des escarpes de dix mètres de haut.

 

Le périmètre de la nouvelle citadelle englobe un quartier entier de la ville haute. Qu’importe, une ordonnance royale décrète, en 1830, l’expulsion de centaines d’habitants que l’on reloge, plus bas, dans ce qui est devenue depuis, la  « vieille ville »…