La Collégiale d'Eymoutiers

Eymoutiers niché dans les méandres de la Vienne, entre Limoges et plateau de Millevaches, est le cœur du pays limousin. Un cœur qui bat, loin de la lèpre des grandes zones commerciales. A Eymoutier, il est encore possible de faire ses courses chez le boulanger, l’épicier et le boucher, bien sûr, mais aussi chez le fleuriste ou le chausseur !

 

Un magasin de chaussures… qu’il faudrait protéger d’urgence, au même titre que le rhinocéros blancs et le Nacré de la  Canneberge. Un cœur rouge, à l’image de « lo Grand », Georges Guingoin, un chef résistant FTP de la première heure, et de Jules Fraisseix et Jean, son neveu,  membres du PCF, maires d’Eymoutiers de 1920 à 1989. Un record de longévité ! Un cœur ancien… à l’image de sa Collégiale Saint Etienne. Vieille de mille ans, elle est assez ancienne pour avoir souffert des affres de la guerre de cent ans, particulièrement acharnée dans cette région frontière entre Armagnacs et Bourguignons.

Ses vitraux datent de cette époque. Ils sont remarquables par l’emploi systématique de colorants gris pour les visages des personnages, les mains, la peau, les vêtements et certains éléments architecturaux. Du gris ? «  On n’est pas un peintre, tant qu’on n’a pas peint un gris. » a écrit bien plus tard Paul Cézanne… La Vierge, l’Enfant et Joseph sont bien sûr représentés, ainsi que de nombreux saints. Psalmet est sans doute le plus attachant. Ce prêcheur a quitté les rives d’Irlande pour venir évangéliser dans les forêts profondes du Limousin. Pas de chance, son âne de bât se fit dévorer par un loup. Pris de remord, la bête se mit alors au service du saint… C’est ainsi qu’on le représente un fagot de bois sur le dos, aux pieds du bienheureux Irlandais.