On dit que j'ai déjà vécu  plusieurs vies avec passion. Ingénieur-plongeur, dirigeant d’entreprise, accompagnateur en montagne, journaliste et écrivain… Depuis quelques années, je me  consacre principalement à l’écriture, aux voyages et à la montagne. 

J'ai  publié six livres dont le dernier :

Éloge de la Peur, à l'usage des Aventuriers et des Baroudeurs du Quotidien

(ed. Paulsen).

© 2019 Textes, Vidéos et Photos Gérard Guerrier (sauf indication contraire)

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Le Train Corse — Le brinquebalant

Les Corses, ont baptisé leur petit train «  U Trinighellu »  — Le  brinquebalant — comme pour lui signifier leur attachement amusé. Cela n’a pas toujours été ainsi ! A la fin du XIXe siècle le projet comptait de nombreux opposants parmi les muletiers, les charretiers et les cabaretiers ! Il ne s’agissait pas moins que de traverser  une île aux montagnes abruptes qui n’étaient couvertes jusque là que par des sentiers et des chemins muletiers !

 

L’entreprise était hardie, tant sur un point technique — on fit même venir monsieur Eiffel pour construire le pont enjambant le Vecchio — que d’un point de vue financier. Les ingénieurs firent  ainsi des paris en osant une déclivité maximum de trente mètres pour un kilomètre, en multipliant les ponts et les tunnels, en imaginant un parcours de couleuvre toute en boucles, en zigs et des zags. Surtout, s’éloignant de la largeur standard de 1,44 m, ils choisirent un écartement métrique, source de considérables économies.  Pas étonnant dans de telles conditions que la vitesse ait été un peu sacrifiée ! Il faut ainsi près de 3H30 pour rallier Bastia depuis Ajaccio ou même  plus de 4H pour rejoindre Calvi…

 

Défendu aujourd’hui, par la Communauté Territoriale, le « Trinighellu » a connu une nouvelle jeunesse avec un important programme de modernisation — voies, automatisation et matériel roulant — largement subventionné par l’Union Européenne. Le Tringhellu devrait continuer à se développer encore avec la multiplications des rames péri-urbaines autour de Bastia et Ajaccio, et — on peut rêver— l’étude d’une ligne Bastia-Porto Vecchio sur les traces d’une vielle ligne abandonnée en 1943, après les sabotages de l’armée allemande en retraite.