On dit que j'ai déjà vécu  plusieurs vies avec passion. Ingénieur-plongeur, dirigeant d’entreprise, accompagnateur en montagne, journaliste et écrivain… Depuis quelques années, je me  consacre principalement à l’écriture, aux voyages et à la montagne. 

J'ai  publié six livres dont le dernier :

Éloge de la Peur, à l'usage des Aventuriers et des Baroudeurs du Quotidien

(ed. Paulsen).

© 2019 Textes, Vidéos et Photos Gérard Guerrier (sauf indication contraire)

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Dolomites - Les Montagnes Pâles

Dante, Pétrarque et des générations d’Italiens ont connu ce massif sous l’heureux vocable de Monte Pallidi : Les Montagnes Pâles. Et puis, allez savoir pourquoi, une assemblée de doctes scientistes a décidé de rebaptiser ces montagnes pâles du nom d’un obscur géologue dauphinois, Déodat Gratet de Dolomieu. Tout ça parce qu’il avait découvert les secrets d’une roche sédimentaire composée de carbonate de magnésium. La belle affaire ! Pourquoi alors ne pas rebaptiser Belledonne, Termites, pour honorer Pierre-Marie Termier, un autre obscur géologue dauphinois ? Dolomites… Ce nom, somme toute assez ridicule, est resté et n’a pas empêché ces sommets de connaître un certain succès, jusqu’à être inscrit au patrimoine de l’Humanité comme les vignobles de Bourgogne et les remparts de Jérusalem…

 

Pâle ou dolomitique, cet ensemble a des frontières parfois géographiques (entre l’Adige et le Piave), parfois géologiques puisque l’on parle de Dolomites de Brenta ou d’Outre Piave.  C’est selon… Les Italiens sont tolérants et les exceptions sont souvent la règle. Tous ces reliefs se caractérisent par un ensemble spectaculaire de tours et d’arêtes, de falaises et de vallées profondes mais aussi de vastes plateaux surplombant des pierriers géants et des alpages semés de chalets. Là, autour du navire amiral, les Tre Cime di Lavaredo (2 999 m), défilèrent de fameux alpinistes : Paul Preuss, l’archange du solo, Hans Dülfer, l’empereur de la fissure, Angelo Dibona ou Tito Piaz. Pacifique cohabitation entre peuples latins et germains. Ce ne fut pas toujours le cas, puisque pendant la Première Guerre Mondiale, alpini italiens et Gebirgsjäger austro-hongrois s’y affrontèrent de plus en plus haut, quitte à domestiquer l’espace vertical. Ils ont alors installé câbles, passerelles, échelles  et étriers qui font la joie aujourd’hui des via ferratistes. Puis creusant tunnels, vires et cavités dans la roche et la glace, ils ont aménagé la Marmolada (3242 m) en une meurtrière cité des glaces.