On dit que j'ai déjà vécu  plusieurs vies avec passion. Ingénieur-plongeur, dirigeant d’entreprise, accompagnateur en montagne, journaliste et écrivain… Depuis quelques années, je me  consacre principalement à l’écriture, aux voyages et à la montagne. 

J'ai  publié six livres dont le dernier :

Éloge de la Peur, à l'usage des Aventuriers et des Baroudeurs du Quotidien

(ed. Paulsen).

© 2019 Textes, Vidéos et Photos Gérard Guerrier (sauf indication contraire)

  • White Facebook Icon

Pertusato - Le Cap troué

Les îles et les falaises des Bouches de Bonifacio font le bonheur des vacanciers pendant les belles journées d’été. Elles ont pourtant une réputation difficile auprès des marins tant ses fond sont mal pavés et tant les vents y sont violents. Les données du sémaphore de Pertusato indiquent ainsi qu’un jour sur deux, la vitesse de ces vents d’ouest ou d’est dépasse les 50 km/h. L’effet de détroit, combiné à l’effet venturi entre les  montagnes corses et sardes, fait en effet de cette zone, l’une des plus agitées de Corse. On comprend ainsi que les autorités du Second empire aient décidé d’y installer le premier grand phare de Corse en 1844. Le phare n’a été automatisé qu’en 1986, conservant sa cuve à mercure qui permet une rotation parfaite de son optique. 

 

Dressé au sommet de sa falaise blanche et ocre, il domine de ses 86 mètres la presque-île et l’île Saint Antoine qui, les soirs de tempête, prennent des allures de croiseur et d’escorteur. A une centaine de mètres de là, le trottoir de calcaire jaune est percé par une piscine de luxe aux eaux turquoise ; cette « grotte à ciel ouvert », accessible depuis la mer, a donné son nom au cap. En bonifacien, troué se dit en effet pertüsaiu. Plus haut, le sentier de Campo Romanello retourne à Bonifacio en  slalomant entre les bunkers ruinés de l’ancienne ligne Maginot sensée protéger les Corses des velléités irrédentistes des fascistes italiens…