On dit que j'ai déjà vécu  plusieurs vies avec passion. Ingénieur-plongeur, dirigeant d’entreprise, accompagnateur en montagne, journaliste et écrivain… Depuis quelques années, je me  consacre principalement à l’écriture, aux voyages et à la montagne. 

J'ai  publié six livres dont le dernier :

Éloge de la Peur, à l'usage des Aventuriers et des Baroudeurs du Quotidien

(ed. Paulsen).

© 2019 Textes, Vidéos et Photos Gérard Guerrier (sauf indication contraire)

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Porto Vecchio - La Nouvelle Vintimille

Sur la vieille mer des Etrusques, les vagues se mêlent avec langueur au sable blanc qui se teinte alors de turquoise et d’émeraude. Plus haut, les roches rouges,  descendues de leurs fières montagnes, résonnent au chant de la belle cigale aux nervures noires. Un paysage paradisiaque, où pourtant, pendant des siècles, seuls prospéraient moustiques et barbaresques…

Désireuse de coloniser ces « terres abandonnées aux infidèles », Gênes encourage 167 familles, à s’y établir. Originaires de la région de Vintimille, ils prennent la mer à l’automne 1578 pour débarquer un mois de souffrance plus tard dans le golfe. La déception est grande ! La citadelle est ruinée, les vivres sont gâtées par l’eau de mer et les montagnards locaux sont franchement hostiles. Dormant à la belle étoile sur des branches de lentisques, les immigrants remontent, pierre après pierre, le mur d’enceinte afin de se protéger des incursions des Turcs. Bientôt, à court de blé, ils souffrent de la faim. Si l’arrivée du printemps et les premières récoltes apportent un peu d’espoir, la malaria décime bientôt les plus faibles…  Les derniers colons reprennent la mer ou partent vers la montagne où ils se mélangent à la population. Aujourd’hui, certains noms inscrits sur la liste de ces infortunés « colons » de la Vintimiglia Nuova, se retrouvent ainsi sur les annuaires de Porto-Vecchio, d’Ospedale ou et de Quenza…