On dit que j'ai déjà vécu  plusieurs vies avec passion. Ingénieur-plongeur, dirigeant d’entreprise, accompagnateur en montagne, journaliste et écrivain… Depuis quelques années, je me  consacre principalement à l’écriture, aux voyages et à la montagne. 

J'ai  publié six livres dont le dernier :

Éloge de la Peur, à l'usage des Aventuriers et des Baroudeurs du Quotidien

(ed. Paulsen).

© 2019 Textes, Vidéos et Photos Gérard Guerrier (sauf indication contraire)

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Saint Cirq-Lapopie

Saint Cirq Lapopie (prononcer Saint Cyr), élu plus beau village de France en 2012 dans une émission télévisée, a, évidemment, tous les attributs de la carte postale idéale… cascade de toits pentus à coyaux, pierres dorées et tuiles brunes, ruelles escarpées et falaises filant vers les eaux, les prairies et les vergers. Pas un panneau « Avenir » ou un parking de supermarché à l’horizon !

Le très parisien André Breton découvre le village en 1950. Un coup de foudre ! Il écrit : « Saint-Cirq embrasé aux feux de Bengale m’est apparue –comme une rose impossible dans la nuit (…). J’ai cessé de me désirer ailleurs. ». Il pose alors son sac, achète l’ancestrale et labyrinthique Maison des Mariniers… sans doute pour mieux s’y perdre. Le rêve et la beauté scellent l’union entre Saint Cirq et le pape du surréalisme. Car ne vous y trompez pas, l’auteur de Nadja, de l’Amour Fou et  Clair de Terre, le poète qui revendique l’écriture automatique, est avant tout un esthète. « Chaque jour au réveil, il me semble ouvrir la fenêtre sur les très riches heures, non seulement de l’Art, mais de la nature et de la Vie ». Il invite alors ses amis : Miro, Picabia, Man Ray, Max Ernst et puis aussi Léo Ferré, Juliette Gréco… et s’égare avec eux dans les forêts, sur les rives du Lot ou dans les vapeurs du rhum blanc de maman Julia qui tient la petite auberge… 

50 ans après sa disparition, la commune a racheté la maison « André Breton » pour en faire un « espace culturel dédié au surréalisme »… et pourquoi pas un « tremplin vers le rêve » ?