On dit que j'ai déjà vécu  plusieurs vies avec passion. Ingénieur-plongeur, dirigeant d’entreprise, accompagnateur en montagne, journaliste et écrivain… Depuis quelques années, je me  consacre principalement à l’écriture, aux voyages et à la montagne. 

J'ai  publié six livres dont le dernier :

Éloge de la Peur, à l'usage des Aventuriers et des Baroudeurs du Quotidien

(ed. Paulsen).

© 2019 Textes, Vidéos et Photos Gérard Guerrier (sauf indication contraire)

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Le Golfe de Morbihan

Qui n’a pas rêvé d’une île entre ciel et mer ? Le grand silence… Une île que l’on accosterait à la seule force du vent, ou des pagaies… ou même encore, en chaussant des bottes pour traverser l’estran vaseux et les prés salés ? Il en existe une quarantaine dans ce golfe du Morbihan, protégé des furies de l’océan par les presque-îles de Rhuis et de Locmariaquer. Les deux plus grandes, Arz et l’île aux Moines, sont les plus connues et les plus visitées. Mouchiose, La plus petite île habitée, ne fait que 3000 m2 et abrite un modeste chalet perdu au milieu des pins… A l’opposé, un groupe immobilier projette de rénover le château de Berden pour en faire un hôtel de grand luxe. Ainsi va le golfe où se côtoient vedettes à moteur, au tempérament flâneur, et vedettes… de cinémas, capitaines de sinagots, ces bateaux à fond plat caractéristiques du golfe, et capitaines…  d’industrie ou tout simplement amoureux de la mer et de la nature sauvage.

Chaque île a son histoire et son caractère. Charmant, parfois comme Logoden où Alain Resnais a tourné des scènes de Mon oncle d’Amérique. Tragique, aussi, comme Boëdic où le propriétaire, un avocat célèbre qui rêvait d’être marin, s’est donné la mort après avoir rénové à grand frais son manoir. Sur Stibiden, l’ancien propriétaire menait chaque printemps ses moutons en canot. Sur cet autre îlot, les rats ont dû être éliminés pour que les oiseaux puissent nidifier. L’histoire, la plus touchante, est encore celle d’Antoine qui a posé son sac sur l’île de ses ancêtres, non loin des rives de l’Auray, pour aller au bout de son rêve insulaire : électricité solaire, eau de la citerne,  légumes du jardin…  et vivre des hivers plein de brume, des printemps fleuris et des semaines de sept dimanches, pardon… de sept « vendredis » aurait dit Robinson Crusoé.