On dit que j'ai déjà vécu  plusieurs vies avec passion. Ingénieur-plongeur, dirigeant d’entreprise, accompagnateur en montagne, journaliste et écrivain… Depuis quelques années, je me  consacre principalement à l’écriture, aux voyages et à la montagne. 

J'ai  publié six livres dont le dernier :

Éloge de la Peur, à l'usage des Aventuriers et des Baroudeurs du Quotidien

(ed. Paulsen).

© 2019 Textes, Vidéos et Photos Gérard Guerrier (sauf indication contraire)

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Les Calanche - Caresses des vents marins

Voilà bien longtemps — entre 30 et 15 Ma. —la Corse  et sa cousine, la Sardaigne, soucieuses d’indépendance, se sont éloignées du continent. Difficile, même pour les nationalistes les plus entêtés, de nier ces racines continentales tant les similitudes géologiques entre les roches rouges des calanques de Piana et celles de l’Estérel sont évidentes. 

 

Si l’Estérel a  longtemps servi de repère aux bandits de grands chemins, les calanques de Piana abritent depuis des millénaires un peuple de monstres et d’animaux pris au piège de la rhyolite qui dégueulait alors des volcans géants : « un amoncellement colossal d’ossements tombés d’une planète voisine » a même écrit Emile Bergerat, un compagnon de voyage du géographe et botaniste Roland Bonaparte. Maupassant, lui a cru voir : « deux moines debout, d'une taille gigantesque ; un évêque assis, crosse en main, mitre en tête ; de prodigieuses figures, un lion accroupi au bord de la route, une femme allaitant son enfant et une tête de diable immense, cornue, grimaçante… ». Plus prosaïque, René Bazin observe que ces blocs « écrêtés, forés, rongés, aiguisés, (sont) taillés à facettes vives par le vents, la pluie et la foudre ». En effet,  si la rhyolite est rebelle au burin et à la gradine des sculpteurs, elle se laisse modeler patiemment, au cap Dramont comme à Piana,  par  les caresses répétées des vents marins.