L'étang des Oussines

Les eaux de la  Vézère ne sont encore que d’étroits sillons qui sourdent au pied du Puy Perdu (973 m), dans le ventre de la tourbière de Longéroux. Les linaigrettes dressent leurs plumets au dessus du tapis de sphaigne… Nous empruntons une sente aménagée, à la recherche de la carnivore drosera. Sur une butte toute proche, Cent Pierres plantées dans le sol se dressent comme l’échine d’un monstre préhistorique.  Elles seraient le souvenir ancien d’ un troupeau de vaches enlisé et figé par le froid, après avoir été abandonné par une bergère frivole.

 

Ce pays de Millevaches ou plutôt des mille sources, semble toujours hésiter sans jamais vouloir choisir entre brumes et lumière, prairies et forêts, landes et tourbières, collines et montagne… De cette dernière, elle a l’altitude et le climat, mais aussi ce reste de moraine glaciaire venue s’échouer à Saint-Merd-les-Oussines.   La Vézère, devenue ruisseau, hésite aussi, serpente avant d’être retenue dans l’étang  des Oussines. Une sarcelle d’hiver navigue laborieusement entre les nénuphars de la rive nord. Près de la berge orientale, d’étranges îlots flottants semblent s’être détachés de la forêt toute proche. Un sillon furtif se glisse entre les herbes et les trèfles d’eau avant de disparaître ! Une loutre ? Difficile à observer, la loutre d’Europe est devenue le symbole du plateau de Millevaches. Nous nous contentons, en remontrant vers le pont de l’Âne de noter ses signes des présence : empreintes à cinq doigts écartés et…  épreintes. Ces dernières sont le nom donné à ses déjections. On dit qu’elles ont une douce odeur de miel de châtaignier !  A vous de vérifier…