On dit que j'ai déjà vécu  plusieurs vies avec passion. Ingénieur-plongeur, dirigeant d’entreprise, accompagnateur en montagne, journaliste et écrivain… Depuis quelques années, je me  consacre principalement à l’écriture, aux voyages et à la montagne. 

J'ai  publié six livres dont le dernier :

Éloge de la Peur, à l'usage des Aventuriers et des Baroudeurs du Quotidien

(ed. Paulsen).

© 2019 Textes, Vidéos et Photos Gérard Guerrier (sauf indication contraire)

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Lacs et Tourbières du Jura

Cherchez l’erreur : le massifs calcaires, les spéléos vous le confirmeront, sont de véritables passoires — Pourtant, le Jura compte un grand nombre de lacs, de zones humides et de tourbières… Les fautifs sont les glaciers géants du Würm qui ont surcreusé la roche et ont compacté par leur poids leurs sédiment, étanchéifiant ainsi les sols. Résultat : on compte plus de 400 tourbières jurassiennes couvrant une surface de 4000 hectares !

La plupart des tourbières se sont formées à la fin de cette ère glaciaire. Ce réchauffement climatique  a été fatal aux mammouths ! Nous y reviendrons…

La tourbe est un sol saturé en eau, issu de la décomposition incomplète — du fait de l’acidité et de la température froide —des débris végétaux. Accumulée sur plusieurs mètres au rythme moyen de 2 à 10 centimètres par siècle, elle contient entre 20 et 60% de carbone emprisonné sous l’eau…

Les tourbières, sauvages et esthétiques, sont affectionnées par les naturalistes et les photographes qui « chassent » le courlis cendré, de rares libellules et papillons ou bien les carnivores grassettes et droseras. En étudiant les pollens piégés dans la tourbe, les scientifiques sont capables de connaître le climat qui régnait voilà quelques milliers d’année… Mais tout s’accélère !  Ces zones humides ont été largement malmenées ces deux derniers siècles : exploitation de la tourbe, assèchement, construction de routes et exploitation forestière… Pourtant, le rôle écologique des tourbières est essentiel : filtrage et circulation de l’eau, stockage de carbone accumulé pendant des millénaires. Si celui-ci était libéré, par la l’assèchement des tourbières, il accélèrerait le réchauffement climatique… nous menaçant du même sort que les regrettés mammouths…