On dit que j'ai déjà vécu  plusieurs vies avec passion. Ingénieur-plongeur, dirigeant d’entreprise, accompagnateur en montagne, journaliste et écrivain… Depuis quelques années, je me  consacre principalement à l’écriture, aux voyages et à la montagne. 

J'ai  publié six livres dont le dernier :

Éloge de la Peur, à l'usage des Aventuriers et des Baroudeurs du Quotidien

(ed. Paulsen).

© 2019 Textes, Vidéos et Photos Gérard Guerrier (sauf indication contraire)

  • White Facebook Icon

Mele di Corsica - Pays de Cocagne

Diodore de Sicile, l’historien grec de l’antiquité, contemporain de Jules César, s’est émerveillé à propos de la Corse, qui fournit « les meilleurs esclaves du monde… » et où « ses habitants se nourrissent  de miel,  de lait et de viande que le pays leur fournit largement… ».  La production mellifère était telle que les Romains prélevaient une taxe annuelle de quelques 200,000 livres de cire (65 tonnes), qu’ils utilisaient pour enduire leurs tablettes à écrire. Le miel était alors récolté en quantité à l’état naturel, dans le creux des arbres ou bien dans des ruchers traditionnels — arnaghji  — construits dans de longs murs percés de trous d’envol ou encastrés même dans les murs d’habitation.   

 

Si elles sont actives toute l’année, les abeilles noires de Corse — espèce endémique, il est interdit d’introduire sur l’île d’autres abeilles —  sont réputées pour leur agressivité. Est-ce pour cela, que Napoléon Bonaparte a choisi cet insecte comme emblème ?

Un peu plus de deux millénaires après les écrits de Diodore, les abeilles noires, infatigables,  sont toujours à l’ouvrage. Le miel corse est tellement riche d’arômes de bruyère, d’églantier, de sous-bois, de châtaignes, etc. qu’on en tire six spécialités suivant les saisons : miel de printemps, de maquis de printemps, miellat du maquis,  d’été, de châtaigneraie et d’automne