• Gérard Guerrier

La grande kermesse des promesses électorales!

Je n'ai pas l'habitude de rentrer dans l'arène politique, sinon pour dénoncer les turpitudes passées de Trumps and co (Poutine, Erdogan, etc.) ou de Marine and co… Mais l'approche des élections me fait craindre le pire quand j'entends, dans le couloir de droite ou de gauche, une avalanche de propos démagogiques.


Même le très savoyard et (trop) raisonnable Michel Barnier s'y met en avalant son bréviaire européen pour tenter de séduire des voix anti-européennes! Quelle déception!


Mais le pompon de la semaine revient à la très photogénique Anne Hidalgo qui annonce vouloir augmenter les salaires des profs de 100% en cinq ans sans rien dire du financement. Elle a des excuses, Emmanuel Macron, lui-même n'a-t-il pas supprimé, pour la plupart, les impôts locaux, sans trop se soucier des sources alternatives de financement.


Pour appuyer ses dires, la maire de Paris annonce que les profs français gagnent la moitié de ce que gagnent les profs allemands. Les chiffres en apparence lui donnent raison à quelques détails près. Le ratio serait d'ailleurs plutôt de 1,5 à 1,7 et non pas 2, suivant les catégories de profs. et les Länder.


Mais la démonstration de madame Hidalgo aurait gagné à être plus complète!

Afin de lui donner un coup de main, j'ai pris le temps (quelques heures) de demander quelques informations à mon épouse qui a enseigné en Allemagne, et à mes deux belles soeurs, toutes deux profs de lycée en Allemagne.


J'ai découvert ainsi que sur une carrière complète, les profs allemands effectuent en moyenne… 170% d'heures de travail de plus que leurs collègues français, soit le même ratio que la différence de salaire: semaine plus dense (27 heures contre 19), vacances rabotées (13 semaine contre 16,5), retraite à 66 ans contre 62,5 en moyenne, et charges de surveillance et administratives en plus (environ 10% d'heures en plus)… Je n'ai pas pris en compte les formations prises sur le temps en classe en France, ni même un taux de retraite inférieur en Allemagne, etc.


On pourrait ajouter aussi une bien meilleure formation pédagogique en Allemagne, un moindre absentéisme, l'obligation d'avoir une double spécialité (ex: physique et maths, français et anglais, etc.) ce qui permet une gestion bien plus souple des effectifs, l'interdiction de faire grève, etc.


Cette comparaison mérite bien entendu d'être affinée. On peut cependant regretter qu'une personne, aussi expérimentée qu'Anne Hidalgo (ancienne inspectrice du travail), désireuse de diriger un pays de 67 millions d'habitants, n'ait pas pris ces quelques heures pour appeler quelques amis en Allemagne et effectuer quelques vérifications…

A moins qu'elle connaisse ces différences et ait choisi de les occulter?


A qui le tour maintenant des promesses à gogos?










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